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Édouard Gohier (fils) |
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Réalisant que beaucoup de Laurentiens étaient
affectés par la «Grande Dépression» qui n’en finissait plus de créer du chômage et des victimes de toutes sortes, le Conseil de la
Ville résolut d’entreprendre quelques travaux pour occuper les chômeurs. Édouard Gohier qui s’est gagné l’amitié
de Maurice Duplessis, premier ministre de la province depuis 1936, sollicite l’aide du gouvernement avant d’entreprendre des travaux
de construction et de réfection du Lac d’Argent. Le 7 juillet 1938, le ministre du travail de l’époque, donne enfin son autorisation
pour commencer les travaux le plus tôt possible. En plus d’avoir procuré du travail pendant quelques années aux «chômeurs
reconnus comme nécessiteux», le parc du Lac d’Argent s’est avéré un succès sur le plan de la construction, de l’environnement, des
loisirs et des sports. La qualité de l’eau était vérifiée régulièrement et la propreté et l’entretien des lieux étaient impeccables.
Pendant des années, la piscine du Lac d’Argent a fait le bonheur de la jeunesse de Saint-Laurent et des enfants des environs qui étaient tolérés ainsi que les orphelins de la crèche d’Youville. Après avoir été moniteur en chef aux terrains de jeux de Saint-Laurent, j’ai agi pendant quelques années comme gardien ou surveillant des baigneurs du Lac d’Argent. Nombreux étaient les enfants qui fréquentaient la piscine , surtout quand les orphelins de la crèche d’Youville venaient se baigner. Le célèbre joueur de hockey Maurice Richard y est venu à quelques reprises avec son fils Maurice. La réalisation de ce projet est tout à l’honneur de M. Gohier et de son Conseil qui ont su aider les jeunes à occuper leurs loisirs. Édouard Gohier avait de la poigne et les employés le trouvaient sévère, mais il était charitable, sans ostentation et tolérant de l’opinion d’autrui. Durant toutes les années où ils ont été en fonction, le maire Édouard Gohier et ses conseillers n’ont touché aucune indemnité. Leurs services à la ville, leurs dépenses personnelles en déplacement pour la ville, contributions de toutes sortes à des œuvres de charité ou autres, sont à leurs propres frais. En 1942, Ayerst McKenna & Harrisson Ltd, entreprise fondée en 1925, construit une usine pour la fabrication de produits pharmaceutiques à Saint-Laurent, sur une partie de terrain située à l’angle Côte-Vertu et du boulevard Marcel Laurin. Cette terre est la première terre des Jasmin à Saint-Laurent et elle a été défrichée par Aubin Caillé dit Jasmin, l’ancêtre des Jasmin de la Nouvelle-France. La croissance des activités de la Compagnie Ayerst McKenna est foudroyante puisqu’en quelques mois, elle nécessite la construction de sept autres bâtiments sur d’autres parties de terrains que la compagnie a acquises entre temps. L’entreprise se spécialise entre autres dans la fabrication de pénicillline, d’hormones et de préparations biologiques et bactériologiques. En 1984, la compagnie décide de concentrer ses activités de recherches aux États-Unis, faute de protection suffisante par les lois canadiennes en matière de brevets pharmaceutiques. Devenue Wyeth en 2002, elle compte encore aujourd’hui parmi les industries les plus économiquement viables de Saint-Laurent puisqu’elle emploie plus de 950 personnes et qu’elle est le plus important exportateur de produits pharmaceutiques au Canada. Durant son second mandat à la mairie (1943 à 1949), Édouard Gohier et son Conseil encouragent fortement la compagnie Ayerst McKenna & Harrisson Ltd à se développer en lui facilitant les services et les commuications routières (élargissement de Côte-Vertu, ouverture du boulevard Laurentien (maintenant Marcel-Laurin), permis de construction, exemption de taxes…). Pour soutenir le progrès industriel et commercial de Saint-Laurent, la ville annexe en 1947 et en 1949 une partie de la municipalité de paroisse où surgissent par la suite d’importants projets domiciliaires. Homme d’affaires aguerri, Édouard Gohier fut commissaire-censeur de la Banque provinciale du Canada, membre de plusieurs clubs et associations. Généreux de son temps et de son argent, il fut également membre de la Société Saint-Vincent-de-Paul. Édouard Gohier aimait la jeunesse, même si en apparence ou à prime abord, il semblait froid et austère. Il encourageait les jeunes à pratiquer le sport et à s’amuser sainement. Grâce à sa générosité, les enfants des terrains de jeux de Saint-Laurent, dont j’étais l’un des moniteurs, ont pu pique-niquer à plusieurs reprises sur son magnifique domaine du Cap St-Jacques bordant le lac des Deux-Montagnes, les frais de transport ou autres étant à sa charge. À l’époque du maire Gohier, la ville a contribué à l’établissement des terrains de jeux de Saint-Laurent en payant les salaires des moniteurs, des équipements sportifs ou autres nécessités récréatives. Durant quelques étés, j’ai travaillé le dimanche au Cap St-Jacques à la perception des frais d’entrée. Durant la journée, le patron venait faire son tour. Après le travail, M.Gohier m’a invité à quelques reprises à me rendre à son manoir, véritable château, pour lui faire un compte-rendu des visiteurs et pour me baigner. Le domaine du Cap St-Jacques est une péninsule miraculeusement protégée, à la limite ouest de notre île. Ce parc du Cap St-Jacques pouvait permettre aux Montréalais ou aux habitués de l’immense plage de prendre contact avec ce qui se rapprochait le plus de la forêt originale telle que Jacques Cartier l’a connue à son arrivée sur l’île. Ces arbres sont couverts de lichen comme il se doit dans une forêt qui n’est pas contaminée par les pollutions causées par l’automobile et les émissions industrielles. Les biologistes décrivent généralement cette forêt comme une «érablière à caryers». Ces érables sont des érables à sucre. Voilà pourquoi Édouard Gohier avait fait construire au milieu de ce magnifique boisé une cabane à sucre pouvant accueillir ses enfants, petits-enfants, amis, employés ou autres. Le 10 septembre 1914, Édouard Gohier a épousé Aline Crevier, fille du notaire Philias-Jean-Baptiste Crevier et de Henriette Bousquet. De cette union, sont nés quatre enfants : Maurice, Suzette, Françoise et Claire. Édouard Gohier décède le 30 janvier 1963 à l’âge de 72 ans. Édouard Gohier père est surnommé à juste titre le «fondateur» de la Ville de Saint-Laurent, mais son fils Édouard en est l’artisan du développement économique et industriel pour l’époque. Ces deux descendants de l’ancêtre Mathurin Gohier comptent parmi les citoyens les plus illustres, les plus généreux, les plus dévoués et méritoires de Saint-Laurent. André Bélanger, décembre 2004 << 2e partie...
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