Terre et maison ancestrale
des Bélanger de Saint-Laurent

3e partie


En 1765, suivant le recensement, 162 familles habitent Saint-Laurent. En 1825, en excluant la ville de Montréal, Saint-Laurent était devenue la paroisse la plus peuplée de l’île de Montréal. Elle comptait 361 familles totalisant 2274 habitants. La côte Saint-Laurent est la plus populeuse avec 73 familles, suivie de la Côte-de-Liesse avec 63 ménages. On dénombre 62 familles dans le village. Ce noyau villageois dont le centre est l’église paroissiale, s’est développé en occupant les emplacements longeant cette montée menant des côtes Saint-Laurent (plus tard le boul. Ste-Croix) à Notre-Dame-des-Vertus. Le village ne prendra pas une véritable expansion avant la fin du XIXe siècle. La principale activité économique à cette époque est l’agriculture.

L’érection canonique de la paroisse placée sous le patronage de Saint-Laurent, date de 1720. Le premier curé sera naturellement un breton, M. François Séré. Saint-Laurent était une agglomération séparée de l’autre côté de la montagne à une époque de communication difficile. Les tempêtes de neige isolent complètement la paroisse. Les habitants de Saint-Laurent ne vendent pas de fourrure comme ceux de Lachine, Sainte-Anne de Bellevue et Pointe-aux-Trembles, mais du blé, de l’avoine, des pommes de terre…Ils élèvent des porcs, des poules, des oies, mais surtout des vaches. Mes ancêtres Bélanger, Isaïe, Prime et Émile, se sont orientés vers l’industrie laitière. Les cultivateurs de Saint-Laurent comme Isaïe et Prime portent leurs marchandises ou légumes au marché qui se tient deux fois par semaine. Ils y vont en carriole et se confectionnent pour l’hiver des berlots qui sont des boîtes rectangulaires avec deux patins.

La maison ancestrale des Bélanger de Saint-Laurent a été construite en 1820. Grâce à des démarches que j’ai entreprises avec la collaboration de certains membres du Club, cette maison fait maintenant partie du patrimoine et elle est protégée contre la démolition.



J’avais l’occasion récemment de visiter l’extérieur des lieux et de rencontrer l’un des occupants. Bien entendu, la maison n’est pas en parfait état d’entretien, mais une subvention a été accordée pour rafraîchissement de la peinture et rénovations mineures. Le garage et la remise existent toujours mais ils sont quelque peu délabrés. Par contre, le tennis a été enlevé. À l’arrière de la maison, il reste une partie du boisé (savane) où mon père allait à la chasse à la perdrix et au lièvre. Le bas de la maison est occupé par une famille et le haut par deux locataires différents. Le gros arbre situé en retrait de la maison est plus que centenaire.

Suivant certains documents consultés, cette maison aurait été construite par Joseph Robert, le père de mon arrière-grand-mère paternelle Marguerite Robert. Elle apparaît au « Répertoire d’architecture rurale » et on la surnomme la « Maison Robert ».





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