![]() |
"Fâché" Un prénom devient un nom de famille |
![]() |
|
Suivant le Livre de Renvoi de la paroisse de Saint-Laurent, le lot 204 aurait appartenu depuis 1723 aux propriétaires suivants :
J.B. Grou, Narcisse Gohier, François Robert Taché, Joseph Taché, François Isaïe Bélanger, Prime Bélanger.
Il s’agit d’une erreur du préposé aux écritures du Livre de Renvoi. Au lieu de mentionner le véritable nom
de nos ancêtres Robert, soit celui de « Faché », le préposé a cru bon de sa propre initiative d’écrire « Taché ».
Mais pourquoi le père et le grand-père de notre ancêtre Marguerite Robert ont-ils adopté le patronyme de Robert et
quand le changement de nom s’est-il opéré? (Voir l'histoire de la maison Robert à Ville Saint-Laurent) Le patronyme de notre ancêtre Robert était devenu « fâcheux ». À noter que lorsque l’usage des accents apparaîtra, Fasche pourra s’écrire Fâche sans altérer la prononciation. Quoi qu’il en soit, ce patronyme dont l’origine et la signification se sont perdues sera écrit et prononcé de différentes façons, surtout en Nouvelle-France où se côtoyaient partout des gens venant des différents pays de France. Cette méconnaissance et ces déformations furent à ce point « fâcheuses » que nous le verrons, la famille décidera de substituer au patronyme le prénom du père : les enfants de Robert Fâche, fils de Nicholas Fâche et petit-fils de Jean Fasche, seront des Robert Fâche et leurs descendants (Fâche dit Robert, Robert dit Fâche) deviendront tôt des Robert tout court. En quelques générations, le nom de Fâche sera ainsi tout à fait oublié sauf pour le Livre de Renvoi qui date de 1723 et dont personne n’avait demandé la correction. Il est courant que le prénom du père soit alors plus populaire ou plus facile à retenir et supplante le patronyme. D’ailleurs, à l’époque, personne n’a de permission à demander pour changer de nom ou de prénom, ni pour porter fièrement un surnom, nouveau ou patrimonial, qui pourrait même un jour suffire et remplacer le patronyme. Le cas de notre ancêtre Marie Guyon en est un bel exemple. Au début de la colonie, l’épouse de François Bélanger porte le nom de Marie Guyon sur l’acte de célébration de mariage, celui de Marie Guion sur son acte de sépulture et celui de Marie Dion sur l’acte de confirmation. C’est sur le plateau du Mélantois que s’est implanté le « village de Faches » et son hameau Thumesnil (probablement devenu Dumesnil), très nettement séparés jadis par plus d’un kilomètre de terres ou de champs. Il est possible que l’un des ancêtres patronymiques de Nicholas Fasche en Nouvelle-France venait d’un autre lieu que Méneslies. Ses voisins le désignent alors lui et les siens par son lieu d’origine : Monsieur de Fasches, les de Fasches. C’est en 1104 dans l’acte de donation de l’autel de Sainte-Marguerite par le chanoine Herman, du chapitre de Saint-Pierre de Lille, à l’abbaye de Saint-Nicaise à Reims qu’apparaît pour la première fois le nom de « Fasches », plus précisément « Facis » qui signifierait « terre inculte ». Il ne fait aucun doute qu’au Xe siècle, Faches avait déjà atteint un certain développement puisqu’il possédait déjà un lieu de culte. Aujourd’hui Fasches et Thimesnil font partie administrativement de la même commune, mais sont historiquement deux entités distinctes. Voilà pour l’histoire de nos ancêtres Robert en France. J’aimerais bien en connaître autant sur les ancêtres Bélanger, Guyon, Jasmin ou Gohier avant leur arrivée en Nouvelle-France. |
