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Arrivée des Guyon au Canada |
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| Cette colonie, officiellement
rendue à la France suscite un intérêt tel que les chefs de famille n'hésitent pas à tout risquer dans l'aventure. Les uns et
les autres se départissent de leurs terres, de leurs maisons. Ils n'accepteront aucun contrat pouvant retarder leur départ prévu
pour le mois d'avril 1634. Au mois de mars, le 14, Robert Giffard concède à Guyon et à Cloutier les terres dont ils prendront plus
tard possession, dans la seigneurie de Beauport. L'engagement qui lie le seigneur à ses compatriotes et censitaires stipule que les hommes traversent avec chacun un enfant, les autres devant naturellement les rejoindre ensuite. À ce chapitre, deux théories s'opposent : la première fait traverser l'Atlantique en 1634 aux familles entières et la seconde les fait attendre quelques années. Le fait est que Mathurine Robin donne naissance à Michel, baptisé le 3 mars 1634 et qu'à la même époque, Marie Regnouard, la femme de Robert Giffard est à un mois du terme de sa grossesse. En admettant que femmes et enfants aient quitté le Perche avec leur mari au mois d'avril 1634, tous auraient vu Québec le 4 juin suivant. Barbe Guyon, mariée depuis deux ans à Pierre Paradis, n'accompagne pas sa famille. Les engagés de Robert Giffard quittent Québec pour la terre promise. L'une de leurs première tâches consiste à bâtir la maison du seigneur qui leur servira ensuite de refuge, d'église et de lieu de réjouissances. C'est là le 27 juillet 1636, que sera rédigé le contrat de mariage de Robert Drouin et de Anne Cloutier. Le 3 février 1637, l'ancêtre prend possession du fief Du Buisson. On imagine la vie quotidienne du couple, occupé à cultiver et à construire. En 1637, Marie épouse le maçon François Bélanger et, en 1643, son frère Jean qui portera le nom de sieur Du Buisson épouse Élisabeth Couillard, petite-fille de Louis Hébert. L'année 1653 est importante pour la famille. Barbe, son mari Pierre Paradis ainsi que leurs enfants choisissent de venir vivre à Beauport, sur le fief Du Buisson. Leur fille, Marie-Madeleine, est baptisée ici, le 3 juillet 1653. Au mois d'octobre de la même année, Mathurine et Jean se défont, à jamais, de leur maison de Mortagne qu'ils offrent "à la charité" de la paroisse Saint-Jean. Le mois suivant voit le mariage de Simon et de Louise Racine. Une note du Journal des Jésuites révèle qu'en 1659 la famille Guyon ne roulait pas sur l'or : "(il) fut arrêté qu'on nourrirait gratis un enfant au séminaire et chacun pas plus d'un an, pour pouvoir étendre la charité sur plusieurs, et fut nommé Joseph Dubuisson, tout le premier jusqu'à la Toussaint de 1660." Le 17 avril 1662, Mathurine Robin (épouse de Jean Guyon et belle-mère de François Bélanger) était inhumée. Elle laissait un veuf et des enfants. Deux d'entre eux, Michel dit du Rouvray, et François, sieur des Prés épousaient, le 4 septembre 1662, les sœurs Geneviève et Marie-Madeleine Marsolet. Huit des enfants que lui avait donnés Mathurine s'étaient mariés. La destinée des familles Bélanger et Paradis était assurée par les filles. Les fils allaient peu à peu voir disparaître leur patronyme original remplacé progressivement par celui de Dion et de Yon. D'authentiques Dion, Jacques, Philippe ou Nicolas, ont fait souche au pays. Certains de leurs descendants ont hérité du surnom de Guyon, mais une chose est sûre : les descendants de Mathurine et de Jean sont aujourd'hui les plus nombreux. |