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Un cas exceptionnel ... |
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| Après 348 ans de possession continue, non interrompue, non équivoque et à titre de propriétaire, la terre des Bélanger (lot 20), située
au No 6117, chemin Royal, l'Ange-Gardien, est devenue la plus vieille terre ancestrale du Québec. En effet, depuis douze générations
successives, cette terre a été transmise de père en fils, sans interruption et en ligne directe, depuis notre ancêtre François
jusqu'au fils de Marcel (11e génération) qui porte le prénom de notre ancêtre. Par acte de donation, Marcel a cédé à son fils
François (12e génération) le lot 20 légué par Jean Guyon. Il s'agit d'un cas unique au Québec qui mérite notre attention et notre
admiration ... Sur l'île d'Orléans, sur la côte de Beaupré et même tout le long des rives du Saint-Laurent, on trouve plusieurs familles qui occupent leur terre depuis deux cents ans ou plus, mais aucune d'elles ne peut prétendre posséder leur terre ou partie d'icelle depuis 1654. Cette année-là, Jean Guyon faisait donation à sa fille unique Marie et à son gendre François Bélanger, en cadeau de noces, d'un lopin de terre de 20 perches de front en bordure du Saint-Laurent, sur une lieue et demie de profondeur, à l'Ange-Gardien, bâtiments et animaux compris. Notre ancêtre François a probablement défriché, cultivé et résidé sur cette terre avec son épouse Marie, bien avant d'en être propriétaire définitif. En effet, en 1640, à la naissance de Charles, l'aîné des enfants, il est mentionné que celui-ci a été ondoyé chez son grand-père Jean Guyon. François Bélanger a appris son métier de maçon en France, grâce au maître-maçon Jean Guyon. Si Robert Giffard tint à le recruter, c'est sans doute parce qu'il maîtrisait son métier. On ne saurait en douter, puisqu'en 1615, on lui confiait le soin de doter l'église de son bourg natal (Tourouvre) d'un escalier d'une trentaine de marches conduisant au clocher. De nos jours, on peut encore admirer cet ouvrage dont le mortier a défié les siècles. Dix ans plus tard, on recourait à ses services pour la restauraation des murailles de Mortagne. François a suivi son maître jusqu'à sa mort (1663), tant pour les travaux de maçonnerie que pour les labeurs de la colonisation. Tout porte à croire que François et Marie, alors jeunes mariés, partageaient le même toit que la famille de Jean Guyon. François Bélanger et Marie Guyon faisaient partie du deuxième groupe de colons venus en Nouvelle-France, en 1634. Le premier contingent, formé de deux cent trente colons, était arrivé avec Champlain, en fin de mai 1633. Ces pionniers de 1634 avaient été recrutés par Robert Giffard, chirurgien de marine, après avoir signé devant Me Roussel, notaire, au nom de la Compagnie des Cent-Associés, un contrat d'engagement de 3 ans. Dans le groupe, on remarquait, en plus des Guyon, de François Bélanger et des Giffard, les Cloutier, les Langlois, les Boucher, Drouin, Gagnon, Maheu, Dupont, Juchereau, Gasnier, Claire Morin et Jeanne Mercier, célibataires. Au moment de la signature du contrat, François Bélanger était célibataire et âgé de 22 ans. Marie avait 10 ans. Bon nombre des signataires quittaient la France pour s'exiler dans un pays de misère, à cause du chômage, des multiples impôts ou charges quelconques, des guerres incessantes de religion, par goût du changement et de l'aventure. suite >> |