![]() |
Édouard Gohier Premier maire de Ville Saint-Laurent 3e partie |
![]() |
Résidence d'Édouard Gohier,construite en 1895. Au 1115, chemin Côte-Vertu Finalement, le choix s’arrêta sur la propriété située alors à l’Abord-à-Plouffe (Île Jésus). Elle paraissait préférable aux autres par son isolement, son étendue, dont une grande partie boisée, sa proximité de la rivière. Un beau plateau, près de la grande route, permettait d’ériger un vaste édifice. Comme les inondations du printemps pourraient en rendre l’accès difficile, le généreux bienfaiteur fit construire un solide et large chemin de pierre, haut de plusieurs pieds et qui, partant de l’entrée du pont, traverse, en serpentant, tout le terrain. Édouard Gohier assuma à ses frais la construction de la maison de retraite qui fut bénie le 2 novembre 1913 par Mgr Bruchési. Elle portait le nom de Villa Saint-Martin. C’était un bel édifice en brique de trois étages, pourvu de toutes les commodités modernes et contenant une cinquantaine de chambres. J’y suis allé quelques fois, durant le temps de la Semaine Sainte (de : André Bélanger). Les prédicateurs étaient fameux et j’admirais le magnifique terrain paysager. Tout en s’occupant activement de ses affaires, l’activité d’Édouard Gohier au service de la paroisse de Saint-Laurent fut inlassable. En 1892, Édouard Gohier qui habitait en face de l’église, se joignit à un groupe de citoyens habitant dans son entourage pour faire pression auprès de la législature de Québec dans le but d’obtenir l’incorporation du territoire du village de Saint-Laurent en une ville. L’incorporation est accordée en février 1893. La Ville n’occupe qu’un petit territoire comprenant la rue Principale (le chemin Saint-Laurent) qui passe devant l’église, le collège et le couvent, la rue St-Antoine, devenue rue Basile-Moreau, une partie du chemin Sainte-Marguerite et une partie de la Côte-Vertu. L’intersection de la rue Principale et de la Côte Saint-Laurent s’appelle les Quatre-Fourches. La Turnpike Trust Company à laquelle ce lieu de passage appartient, et qui entretenait le chemin, y a mis une barrière de péage et perçoit dix sous par voiture. Ces rues ne sont pas pavées. Il n’y a pas d’égouts; les eaux sales s’écoulent sous les trottoirs de bois. Un fossé, courant sur la plus grande partie de sa longueur, longe le terrain du collège, pour rejoindre le ruisseau Raimbeault. C’est dans ce fossé que le conseil de paroisse a interdit au collège d’envoyer ses résidus. La ville comprend environ 225 maisons, construites, pour la grande majorité, en bois. Elle compte plusieurs commerces, dont quatre hôtels. Plusieurs habitants de la ville ont leur ferme dans la paroisse. Chacune des deux municipalités (ville et paroisse) possède son maire et son conseil. Le conseil de ville tient sa première réunion, ouverte par la prière, au presbytère, le 25 avril 1893. Le problème des communications apparaît au maire comme plus urgent. Gohier souhaite le percement d’un boulevard traversant l’île de Montréal du sud au nord. Grâce à ses efforts et à son dynamisme, le boulevard Décarie, d’abord appelé la Grande Allée de Florence et ensuite Monkland, assurera le progrès de toute l’île de Montréal. Ce nom de Décarie honore un des compagnons du Sieur de Maisonneuve, Jean Descaries dit le Houx (1643), mais surtout ses trois fils, Paul, Michel et Louis qui, dès 1687, ont possédé des prairies naturelles dans les environs de l’actuel échangeur Décarie. Jean Descaries est donc la souche de tous les Décarie, Descaries, Descarries, Décary et Descary du Canada. << Édouard Gohier - 2e partie
Édouard Gohier - 4e partie >> |