La belle histoire de L'Islet :
son église et sa seigneurie
(3e partie)


Origine du nom

Ce sont les seigneuries de Bonsecours et de l'Islet Saint-Jean qui ont formé la paroisse de l'Islet. D'où vient cette appellation de l'Islet? M. Pierre-Georges Roy nous le dit dans les termes suivants : Au pied du quai actuel de l'Islet, placé à huit arpents de l'église, il y a, à l'est, un rocher s'élevant à une quarantaine de pieds au-dessus du niveau des hautes marées. Ce rocher a un peu plus de quatre arpents de longueur sur cent cinquante de largeur. Autrefois, il se trouvait entièrement entouré des eaux du fleuve. Il formait alors une petite île, un îlet, mot que l'on prononçait îlette. Ce nom servit d'abord à désigner la seigneurie de la veuve du Tertre. Plus tard, il s'étendit à la paroisse formée des deux seigneuries de l'Islet et de Bonsecours.

Les Premiers Seigneurs

François Bélanger était un pionnier de la côte de Beaupré. Il venait de Mortagne-au-Perche, de la paroisse de Saint-Germain-de-Loise, en Orne, selon certains historiens. Pour d'autres généalogistes, notre ancêtre était originaire de la paroisse de Touque, en Normandie. Baptisé à Saint-Pierre-de-Séez (Orne), le 7 octobre 1612, François a été confirmé par Mgr François de Montmorency Laval, le 2 février 1660, à l'âge de 48 ans, en même temps que ses deux fils Charles (20 ans), Jean-François (12 ans), sa femme, Marie Guyon (Dion), son beau-frère, Simon Guyon, son voisin, Joseph Macé Gravel et Olivier le Tardif dont notre ancêtre a été curateur aux biens. Dans l'acte de confirmation, François Bélanger déclare être originaire ou avoir vécu à Lisieux. Arrivé à Québec en 1634, il épouse Marie Guyon, le 12 juillet 1637 et il s'établit à Château-Richer, où le succès couronna bientôt ses efforts. Douze enfants naquirent de son mariage, mais deux, Guillaume et Anne, moururent en bas âge. Par son ascendance, Geneviève Couillard avait déjà de profondes racines au pays. Fille de Louis Couillard de l'Espinay et de Geneviève Després, elle remontait par sa mère, Marie-Guillemette Hébert, épouse de Guillaume Couillard, au premier couple venu coloniser la Nouvelle-France en 1617, Louis Hébert et Marie Rollet. Son grand-père, Guillaume Couillard, avait été ennobli par Louis XIV en 1654. Quant à son père, propriétaire partiel de la Rivière-du-Sud depuis que Jean Lauzon lui avait cédé ses droits, il en était l'unique seigneur depuis le 11 mai 1668, ayant acquis de Boisbriant, représentant des héritiers Moyen, le reste de la seigneurie.


Geneviève Couillard, quatrième enfant de Louis Couillard et de Geneviève Després, baptisée à Québec le vingt-quatre octobre 1660, était mineure quand lui fut concédée L'Islet-Saint-Jean. Elle avait pour tuteur son cousin Charles Couillard de Beaumont. C'est lui qui concédera au nom de Geneviève, en 1680, huit arpents à François Couillard de Beaumont, son frère. À vingt-six ans, elle épousa Pierre Denys, fils de Simon Denys et de Françoise du Tertre (ou Letarte). De là, le nom de le Tarte (Le Tarte) qui désigne la seigneurie de L'Islet-Saint-Jean sur la carte dressée par Gédéon de Catalogne, en 1708.

Les Premiers censitaires

François avait 64 ans lorsqu'il devint seigneur de Bonsecours. Ses filles, à l'exception de Geneviève, étaient mariées. L'aîné de ses fils, Charles, marié en 1663 à Barbe Cloutier, s'occupait de la terre paternelle, au Château-Richer. François prit possession de sa seigneurie au printemps de 1678. Ses trois autres fils, Jean-François, marié en 1671 à Marie Cloutier, cousine de Barbe, Louis et Jacques et sa fille Geneviève l'accompagnaient. François fixa son domaine vers le milieu de la seigneurie, et aidé de ses fils, il en commença le défrichement. Louis et Jean-François le quittèrent bientôt. Louis alla ouvrir une terre à l'endroit où se trouve l'église actuelle de L'Islet. Jean-François se bâtit un petit domaine un peu plus à l'ouest.

En 1680, trois nouveaux colons allèrent les rejoindre : René Cloutier, Philippe Destroismaisons et Olivier Michel dit Letardif qui venaient tous de Château-Richer. Ces trois nouveaux censitaires s'établirent l'un à la suite de l'autre, à l'ouest de Jean-François Bélanger. Geneviève Couillard concédait huit arpents de front sur quarante de profondeur à Guillaume Guyon et huit autres arpents à son frère François, tous deux neveux de François Bélanger. La concession donnée à Guillaume Guyon était à la limite ouest de la seigneurie de l'Islet-Saint-Jean. Guillaume avait pour voisins, à l'ouest, Louis Bélanger et, à l'est, son frère François Guyon.

Les censitaires de Bonsecours formaient avec les deux Guyon un groupe encore bien restreint. Le recensement fait par l'ordre de l'intendant Duchesneau dans l'été de 1681 nous fait connaître les noms et l'âge des personnes qui la composaient. Dans son plan général des missions du Canada (1682), Mgr de Laval note qu'il y avait 3 familles et 5 âmes dans la seigneurie de L'Islet-Saint-Jean et 7 familles et 41 âmes dans celle de Bonsecours.



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