![]() |
La belle histoire de L'Islet : son église et sa seigneurie (4e partie) |
![]() |
|
Le péril iroquois Quand François Bélanger vint à L'Islet, le péril iroquois était conjuré, mais l'institution de l'intendant Talon, les capitaines de milice, avaient toujours, depuis 1665, leur titulaire dans chaque paroisse pour assurer la défense du territoire contre une attaque éventuelle. Les capitaines de milice établis pour sécuriser les paroisses contre le péril iroquois devinrent des personnages. Ils étaient les représentants les plus autorisés du gouvernement dont ils avaient à transmettre et à faire exécuter les ordonnances, devenant aussi, avec le temps, magistrats et juges de paix. Quant aux engagés, socialement modestes, ils étaient de véritables donnés au service de leurs maîtres. Le recensement de 1681 consigne la présence de quatre engagés chez le seigneur Bélanger. Il y en eut toujours dans les manoirs et au service des maisons où la main-d'œuvre familiale était insuffisante. ![]() Comment on vivait au temps du seigneur François Bélanger Économiquement, la population vécut surtout de l'agriculture. Les gros revenus de la pêche au marsouin ou des autres poissonneries étaient à la Grande Anse (La Pocatière), à Rivière-Ouelle et Kamouraska. De même, les gros comptoirs de fourrure étaient ailleurs. Il est possible que la vente du castor et des autres fourrures ont pu apporter une faible contribution à l'économie locale. On cultivait les céréales et le chanvre. Le chanvre donnait une fibre textile et un sac à caoutchouc. Il a, semble-t-il, épisodiquement, servi à la confection des cordages de navire pour les chantiers maritimes. Des céréales, le blé assurait la nourriture de base, le pain. Les produits de la chasse et de la pêche, en raison de la proximité de l'eau, apportaient une contribution subsidiaire. Il faut aussi se souvenir que jadis, la viande était rare et chère; les épizooties ravageaient fréquemment le bétail et rendaient l'élevage incertain. Les légumes eux-mêmes étaient moins nombreux que de nos jours : la pomme de terre était inconnue et si le jardinage était pratiqué, sa technique peu évoluée lui donnait un rendement faible; seul, le blé, céréale robuste, s'adaptant à presque tous les climats malgré ses variations d'abondance dues aux caprices des saisons, offrait une nourriture riche, complète et fortifiante. Tout le blé qui excédait la consommation alimentait pour une part les marchés de l'Ile Royale et des Antilles. Les revenus du bois ont pris du temps à s'affirmer. Il n'y eut pas de gros moulins sous le régime français. Quand on avait coupé pour le chauffage, construit et entretenu l'ensemble domestique, les constructions du seigneur et de la Fabrique, fourni le reste à la construction des navires du roi, il en restait peu pour le commerce. ![]() Les seigneuries de Bonsecours et de l'Islet-Saint-Jean étaient privées des secours de la religion pendant la plus grande partie de l'année. Un prêtre les visite de temps en temps, allant d'un endroit à l'autre, tantôt à pied, tantôt en canot, chargé d'une chapelle portative. Ces visites sont rares et de courte durée. Le premier missionnaire qui s'arrêta à Bonsecours fut M. Thomas Morel. Dans l'été de 1682, la petite colonie de Bonsecours fut plongée dans le deuil par le décès de Jean-François Bélanger, époux de Marie Cloutier. Comme il n'y avait pas encore de cimetière dans l'endroit, il fut enterré dans son champ. Mgr de Laval se rendit compte des inconvénients qu'il y avait de laisser aux soins d'un seul prêtre, l'abbé Morel, cette partie de la rive droite du fleuve, entre la Rivière-du-Sud et la Rivière-du-Loup où résidaient soixante-trois familles, comprenant 328 âmes. Mgr de Laval forma de ce territoire un district confié à l'abbé Morel qui demanda aux habitants de construire d'espace en espace des chapelles. C'est ainsi que fut construite la chapelle de Cap Saint-Ignace, dans l'été de 1683 où les habitants de Bonsecours se rendirent pour remplir leurs devoirs religieux. Le 16 décembre 1685, M. Morel célébrait la première messe à Bonsecours, probablement dans la maison du seigneur François Bélanger. |