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La belle histoire de L'Islet : son église et sa seigneurie (6e partie) |
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Succession de François Bélanger et nouvelles concessions de terrain Le seigneur de Bonsecours, François Bélanger, dut mourir dans l'hiver 1690-1691; il fut probablement inhumé dans le cimetière du Cap-Saint-Ignace. L'acte de sépulture ne s'y trouve pas, cependant. François avait eu l'ambition de constituer un beau patrimoine à ses fils. En 1683, il donnait une concession de dix arpents sur deux lieues de profondeur, de la limite de l'Islet Saint-Jean en remontant, à Louis, déjà établi à cet endroit. En 1685, il cède à Jacques le domaine où il résidait, quinze arpents de front sur aussi deux lieues de profondeur. Au mois d'avril 1691, Marie Guyon, veuve du seigneur, concède à Jacques dix arpents de terre sur le domaine; probablement qu'elle voulait assurer par un titre nouveau le don du domaine fait par son époux, en 1685. Jacques épousa, au Cap-Saint-Ignace, le 22 novembre 1691, Elisabeth, fille de François Thibault et d'Elisabeth-Agnès Lefebvre. En 1694, la seigneuresse de Bonsecours concède à Jean Tondreau dit Lasouche, demeurant au Cap-Tourmente, l'étendue de sept arpents de terre sur 42 de profondeur, entre la concession de Jean-François Bélanger, fils de feu François et de Marie Cloutier, et celle de René Cloutier. À sa mort, François Bélanger laissait trois fils : Charles, Louis et Jacques; et cinq filles : Marie-Madeleine, Marguerite, Françoise-Charlotte, Mathurine, Louise et Geneviève. D'après la loi féodale, le fils aîné entrait, après la mort du père, en la possession de la moitié de la seigneurie; les autres enfants, garçons et filles, se divisaient entre eux la seconde moitié du fief. Dans le cas des Bélanger, Charles se trouva le fils aîné de François et devint propriétaire de la moitié du fief, pendant que ses frères et sœurs se partageaient l'autre moitié, en neuf parties. Charles mourut au Château-Richer, au mois de décembre 1692. François, son fils aîné, qui demeurait aussi au Château-Richer, hérita de la moitié de la première moitié du fief, et ses frères et sœurs eurent la seconde moitié de la première moitié. Un troisième Bélanger, Jacques, époux d'Elisabeth Thibault, fils du premier François, étant décédé en 1699, Louis se trouva ainsi seul survivant mâle de la famille. En 1723, il était rentré en possession de tout le fief de Bonsecours. Il déclarait, en effet, dans l'acte de foy et hommage qu'il rendit en cette même année qu'il était propriétaire de son chef pour une neuvième partie dans la moitié du fief vulgairement nommé de Bonsecours, comme nomme héritier de feu François Bélanger, son père, et pour le tout, ayant acquis, par accommodement et eschange verbal, les parts et portions de Jean-François, Jacques, Marie-Magdeleine, femme de Bertrand Chesnay, Marguerite, femme du sieur Levasseur, Charlotte, femme de Jean Langlois, Mathurine, femme du nommé Grégoire, Louise, femme de Jean Cloutier, et de Geneviève Bellanger, femme de Guillaume Ferté, ses frères et sœurs, et héritiers, chacun pour un neuvième dans la dite moitié du dit fief, et encore comme ayant acquis par le même accommodement et eschange la part et portion de François Bélanger, son neveu, qui avait moitié dans l'autre moitié du dit fief, comme fils aîné de Charles Bélanger, ensemble les parts et portions de Charles, Alexis, Marie, Barbe, Geneviève et Marguerite Bellanger, chacun, pour un sixième dans l'autre moitié de la dite moitié du dit fief, pour laquelle part il a donné en eschange à ses dits co-héritiers une terre de six arpents, trois perches de front sur une lieue et demye de profondeur, située dans la paroisse de Château-Richer, bornée au nord-est par Simon Guyon, et au sud-ouest par Macé Gravel. Louis Bélanger mourut le 1er octobre 1724. Onze enfants étaient nés de son mariage avec Marguerite Lefrançois : trois étaient morts : Barbe, en 1699, Jean-Baptiste, à sa naissance en 1702, et Louis, en 1721, dans une expédition de chasse. Le fils aîné François, marié en 1711 à Geneviève Cloutier, hérita à son tour de la moitié du fief de Bonsecours. Ses frères et sœurs : Elisabeth, épouse en premières noces d'Alexis Lemieux, et en secondes, de François Fournier; Madeleine, épouse de Guillaume Lemieux; Marguerite, épouse de Louis Couillard de l'Espinay, seigneur de Saint-Thomas; Marie-Marthe, épouse de Joseph Couillard des Ecores; Françoise, épouse de Jean-Baptiste Fortin; Pierre-Paul, marié à Geneviève de Lessard, héritèrent pour chacun un huitième dans l'autre moitié au total du fief de Bonsecours. François, époux de Geneviève Cloutier, décéda le 13 octobre 1727. Son fils aîné, Jean-François, baptisé sous le nom de Bonsecours, et marié en 1736 à Marie-Louise Caron, lui succéda comme seigneur d'une partie de Bonsecours. En 1727, les familles les plus importantes et les plus nombreuses sont : celles des Bélanger et des Cloutier, dans Bonsecours; celles des Couillard, des Caron et des Fortin, dans l'Islet Saint-Jean; celles des Chouinard et des Jean, dans Saint-Jean-Port-Joly. Elles étaient presque toutes unies entre elles par des liens de parenté. ![]() Conclusions En 1854, les seigneuries étaient abolies au Québec. Pendant plus de deux siècles, L'Islet eut une mission essentiellement agricole. Le patrimoine familial de plus ou moins grande étendue que l'on avait défriché, épierré, cultivé, était transmis de père en fils. Aujourd'hui, bien que le nombre d'agriculteurs soit moindre qu'autrefois, les fermes sont néanmoins presque toutes opérées, les propriétaires ayant fait l'acquisition de fermes voisines, pour agrandir la ferme familiale devenue insuffisante, à cause de la mécanisation et du coût élevé d'exploitation. Face à l'église, demeure le dernier seigneur de Bonsecours, Laurent Bélanger. Il habite la maison qui a remplacé le manoir seigneurial démoli en 1914. Laurent possède plus de 1000 acres de terre, environ 300 vaches laitières et une ferme moderne bien mécanisée avec silos appropriés et pouvant répondre à tous les besoins du métier. Avec les années, parallèlement à l'agriculture, se sont développés à l'Islet le commerce, l'artisanat, les petits métiers, l'industrie, etc. Pour n'en citer que quelques-uns, mentionnons : La Fonderie de L'Islet, La Bricade Citadelle, l'usine Poitras, l'industrie Leclerc. La vie maritime a connu un essor prodigieux à l'Islet et de coin de pays a donné naissance à l'un des grands découvreurs de l'histoire, le capitaine J.E. Bernier. L'Association des marins de la Vallée du Saint-Laurent a voulu l'honorer en donnant au Québec un musée maritime d'envergure qui porte son nom et qui constitue aujourd'hui avec l'église l'une des grandes attractions touristiques de la région et du Québec. Sur le plan politique, le comté de l'Islet a été représenté tant au Fédéral qu'au Provincial par des députés qui ont laissé leur marque : Nicolas Dorion, le Dr Etienne Pascal Taché, Philippe Baby Casgrain, Israel Tarte, J.-Léo K. Laflamme, Jean Lesage, Joseph Edouard Caron, Elisée Thériault, Joseph Bilodeau, Adélard Godbout, Fernand Lizotte. La Ville de L'Islet célébrera cette année, du 28 juin au 1er juillet inclusivement son 325e anniversaire de fondation. L'occasion nous est fournie pour rendre témoignage du travail accompli par nos ancêtres François Bélanger et Marie Guyon et leurs descendants, ainsi que de l'héritage qu'ils nous ont légué. Le 24 mai 2002 André Bélanger |